Introduction
Bien que les trois univers bricolage, jardinerie et animalerie soient souvent réunis dans les mêmes enseignes dites GSS (Grandes Surfaces Spécialisées), ils ont des trajectoires différentes sur le marché français :
- Le bricolage a traversé en 2025 sa troisième année de repli — avec 21,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires (-1,4%) — mais son parc de magasins continue pourtant de s’étendre.
- La jardinerie, quant à elle, marque le pas : 1 580 points de vente pour 3,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, résultat en recul de plus de 4% depuis 2022.
- L’animalerie, elle, poursuit sa progression : 79 millions d’animaux de compagnie comptabilisés en 2025 et un marché attendu à 7,5 milliards d’euros d’ici 2027.
Pour un groupe qui pilote un réseau ou une franchise sur ce marché XXL, chaque implantation engage plusieurs années d’exploitation. C’est là que le géomarketing devient un outil de décision incontournable.
Partie 1 – Un marché bricolage-jardinerie-animalerie structuré en réseaux et aux dynamiques contrastées
Avec 21,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et malgré un repli de 4,3% en 2024, le bricolage reste le poids lourd du secteur des enseignes GSS. Cependant, dans le même temps, le parc des Grandes Surfaces de Bricolage (GSB) a atteint fin 2025 la barre des 2 400 points de vente, soit +1% sur un an (ce qui représente plus de 8 millions de m²).
Marché qui recule, réseau qui s’étend : chaque nouvelle ouverture doit capter de la valeur sans cannibaliser un maillage déjà dense, dominé par plusieurs acteurs :
- Le groupe Adeo, qui possède les enseignes Leroy Merlin, Weldom et Bricoman
- Kingfisher, propriétaire de Castorama et de Brico Dépôt
- Les Mousquetaires, avec les marques Bricomarché et Bricorama
- Des réseaux d’indépendants-adhérents comme Mr Bricolage
De son côté, le marché du jardin pesait 8,52 milliards d’euros en 2025, à un niveau quasi-stable (-0,3%) : les jardineries et libres-services agricoles (LISA) en restent le premier canal, avec 39,8% de parts de marché. En se concentrant sur les jardineries au sens strict du terme, il existe 1 580 points de vente, qui réalisent un chiffre d’affaires d’environ 3,1 milliards d’euros (2024).
L’animalerie représente un cinquième de ce chiffre d’affaires, signe de la porosité entre les deux univers. Les groupes Gamm vert (900 magasins) et Jardiland (173 magasins) dominent ce marché mixte jardinerie-animalerie grâce à l’implantation de leurs franchisés.
L’animalerie reste le segment le plus dynamique : 79 millions d’animaux de compagnie en France (+5% depuis 2024), 60% des Français en possédant au moins un. Les résultats et la stratégie du leader Maxi Zoo illustrent la vigueur de ce marché en France : 452 magasins fin 2025, un chiffre d’affaires de 537 millions d’euros (+7%) et un objectif de 700 points de vente d’ici 2029, mené exclusivement en propre.
Trois modèles de réseau différents — groupes et indépendants pour le bricolage, franchise dominante pour la jardinerie, magasins en propre pour l’animalerie — mais un point commun : dans chaque cas, la réussite d’une ouverture dépend avant tout du choix du territoire.
Trois communes cibles pour l’implantation d’un magasin (avec l’accessibilité à 25 minutes)
Partie 2 – Où et comment ouvrir une jardinerie ou une animalerie ?
Une jardinerie ou une animalerie est un commerce de destination : le client s’y déplace spécifiquement, souvent en voiture, plutôt que de s’y arrêter par hasard. La zone de chalandise s’étend donc au-delà du strict voisinage : Maxi Zoo structure par exemple son plan d’ouverture autour d’un objectif de proximité à 25 minutes maximum de chaque foyer possédant un animal.
Avant d’ouvrir, il faut croiser plusieurs données :
- La présence de jardins dans les foyers : 59% des Français en disposent, d’une superficie de 693 m² en moyenne
- Le taux de possession d’animaux
- Le pouvoir d’achat local ou le revenu moyen par foyer
- L’accessibilité routière
Deuxième enjeu : la concurrence est multicanale, elle est donc facile à sous-estimer. En ce qui concerne le jardin : certes les jardineries captent 39,8% du marché, mais la concurrence est forte avec le bricolage (32,6% du marché) et les circuits alternatifs que sont la grande distribution (16,3%) et l’e-commerce (11,3%).
Une étude d’implantation doit donc cartographier tous ces circuits sur la zone visée, pas seulement les enseignes homonymes. C’est l’approche que Geoptis applique pour ses clients, à l’image de son exemple de priorisation de sites pour l’ouverture d’un magasin de bricolage-jardinage dans le sud de la France.
Implantation de 2 magasins de bricolage avec leur zone de chalandise et leurs concurrents
Partie 3 - Mailler un réseau de bricolage sans le cannibaliser
Pour un franchiseur ou un groupe intégré, l’enjeu n’est plus seulement d’ouvrir mais de faire grandir un maillage déjà dense sans rogner le chiffre d’affaires d’un magasin existant. C’est particulièrement sensible dans le bricolage, où le parc des Grandes Surfaces de Bricolage (GSB) continue de croître (+1% en 2025) alors que le marché recule.
Plus que jamais, chaque ouverture doit être justifiée par un potentiel local réel, et non par une opportunité immobilière : un local vacant, un retail park en construction ou la pression d’ouvrir avant qu’un concurrent ne s’installe.
Cette discipline est nécessaire car les réseaux combinent souvent magasins intégrés et franchisés : c’est le cas de Mr Bricolage, Bricomarché ou de Jardiland. Une définition claire des zones d’exclusivité, appuyée sur des données de flux, de démographie et de concurrence, permet :
- D’arbitrer entre ouverture, redéploiement ou fermeture
- D’éviter les tensions entre franchisés voisins
Implantation de 2 grandes surfaces spécialisées avec leur zone de chalandise et leurs concurrents
Partie 4 – Ce que le géomarketing apporte concrètement au marché bricolage-jardinerie-animalerie
Anticiper la demande locale
Anticiper la demande en croisant démographie (structure des foyers, présence de jardins, taux de possession d’animaux) et revenu par foyer, pour cibler les zones où la demande est la plus solide plutôt que la seule densité de population.
Cartographier une concurrence multicanale
Cartographier une concurrence multicanale : jardineries, bricolage, grande distribution alimentaire, animaleries spécialisées et e-commerce se disputent le même client. Cette cartographie révèle les zones sur-concurrencées à éviter et les secteurs sous-équipés.
Éviter la cannibalisation interne
Éviter la cannibalisation interne en mesurant les chevauchements entre magasins existants et futures implantations, pour arbitrer entre les ouvertures, les transferts ou les fermetures.
Prioriser les investissements par un scoring de potentiel
Prioriser les investissements par un scoring de potentiel, combinant cible démographique, pression concurrentielle et accessibilité, pour hiérarchiser un plan d’ouverture pluriannuel, à l’image des ambitions d’expansion de Maxi Zoo ou Gamm vert.
Piloter le maillage dans la durée
Piloter le maillage dans la durée, en suivant l’évolution du réseau au fil des rachats, des créations et des mutations d’usages (essor du potager, montée en gamme de l’animalerie par exemple), afin d’ajuster la stratégie d’expansion en continu.
Conclusion — Le secteur bricolage-jardinerie-animalerie est porteur, à condition de bien choisir son territoire
Entre un bricolage à maturité qui doit rationaliser son maillage, une jardinerie stable qui se réinvente grâce au digital et une animalerie en forte croissance, l’exigence de rigueur est la même partout. Les erreurs d’implantation ou de localisation d’une franchise se rattrapent extrêmement difficilement.
C’est précisément l’enjeu que la solution de géomarketing Geoptis aide à résoudre grâce à son module d’étude de marché et à ses outils de maillage et d’implantation de points de vente : transformer les données démographiques, concurrentielles et territoriales en aide à la décision concrète, que l’on soit :
- Un groupe intégré
- Un réseau de franchises en développement
- Une enseigne en pleine expansion
Foire aux questions (FAQ)
1. Quelle est la différence de zone de chalandise entre une jardinerie et une animalerie ?
Une jardinerie attire une clientèle sur un rayon plus large, en lien avec un achat de destination souvent motorisé et saisonnier. Une animalerie répond à un besoin plus fréquent (alimentation, accessoires) et bénéficie d’une zone de chalandise plus resserrée.
2. Comment le géomarketing aide-t-il à choisir entre plusieurs sites d'implantation ?
En croisant les données de cible (démographie, pouvoir d’achat, taux de possession d’animaux ou de jardin) et de concurrence (toutes enseignes confondues), il est possible de comparer plusieurs communes ou secteurs candidats, comme dans une étude de priorisation multi-sites.
3. Pourquoi la cannibalisation est-elle un risque particulier dans le bricolage ?
Parce que le parc de magasins continue de croître alors que le marché global recule légèrement depuis trois ans : chaque nouvelle ouverture ou chaque transfert doit donc être validé par une analyse de recouvrement avec les points de vente existants du réseau.
4. Le géomarketing est-il utile aux réseaux qui ne fonctionnent pas en franchise, comme Maxi Zoo ?
Oui, le géomarketing est également utile aux réseaux non franchisés. Dans ce cas, le réseau doit prioriser ses ouvertures, éviter la cannibalisation entre ses propres magasins et suivre l’évolution de sa couverture territoriale au fil de son expansion.
